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Perle Philo. #3 : le libre-arbitre

Mis à jour : nov. 18




Pour trouver les sens des maux, cherchez peut-être l’essence des mots.

Le « libre arbitre » est la faculté de l'être humain de penser et d’agir par lui-même, seul et sans contrainte. Disposer de son libre arbitre signifie s’assumer librement.

Qui, hormis l’auteur de ses actes, est en situation de s’assumer (voir Perle Philo#1 : obéir à l’autorité) ?

Si le libre arbitre n’est accessible qu’à l’auteur des actes, quel est, chez l’être humain, le siège ou le déterminant du libre arbitre ?

Si l’on s’en tient à la science, la conscience individuelle est localisée dans le cerveau. Dans cette logique, un individu ne saurait disposer de son libre arbitre indépendamment des fonctions cérébrales connues. La science distingue trois grandes zones dans le cerveau, chaque zone correspondant à une grande fonction : d’abord, un cortex pilotant le mental, ensuite une zone limbique où siègent les émotions et enfin une partie reptilienne liée aux instincts.

On peut cependant s’interroger : comment un individu exclusivement mu par son intellect, ses émotions ou encore ses peurs peut-il se prétendre libre ? La conscience et le libre arbitre ne seraient-il pas à chercher au-delà des fonctions connues de notre cerveau ? Par exemple à un niveau supérieur de conscience, un niveau de conscience méconnu de la science académique et auquel des initiés - tel Pythagore - ont pourtant accès ? Un niveau de conscience qui permettrait de se relier à un Créateur qui, via l’être humain, a choisi de s’incarner en une créature ?

Et de quelle liberté parle-t-on, à part une liberté de pensée, de parole et d’action ? La liberté véritable ne serait-elle pas la possibilité offerte à chaque créature d’accepter ou de refuser de s’en remettre à son Créateur ?

Pour l’amoureux de la sagesse, l’expérience philosophique débute là où la science contemporaine s’arrête. Cette expérience philosophique, telle qu’elle était pratiquée par les écoles pythagoriciennes, consiste à accéder à un niveau supérieur de conscience. S’élevant dans les plans de conscience, l’individu a la possibilité d’être enseigné par sa part créatrice et d’atteindre le libre arbitre véritable. Via ce processus doux et enseignant, l’être humain est en mesure de se libérer des pensées, émotions et instincts qui le perturbent voire le rendent malade.

Tel est, résumé en quelques mots, le voyage proposé au lecteur au travers de cette Perle Philo. #3. Pour en savoir plus, installez-vous confortablement, attachez vos ceintures… c’est parti !


Un individu disposant de son « libre arbitre » est supposé mener une réflexion et faire des choix qui lui sont « propres », c’est-à-dire non pollués ou non altérés. Par principe, la notion de « libre arbitre » s’oppose au « déterminisme » et au « fatalisme ». Ces deux notions suggèrent que la pensée et les actes d’une personne sont fonctions des facteurs qui caractérisent cette personne, ou de facteurs qui la dépassent. Le principe commun au « déterminisme » et au « fatalisme » est que le comportement et la réalité d’un individu se trouvent conditionnées. Ainsi, la culture, la sociologie, la psychologie, la génétique, l’inconscient, Dieu, le hasard etc. régiraient la vie de l’homme, le privant de son libre arbitre.

Le lecteur convaincu que, d’une manière ou d’une autre, sa pensée et ses actions sont influencés par son environnement, a ici la possibilité de questionner cette certitude. Ma réalité individuelle n’est-elle que le produit de circonstances externes, la conjonction de paramètres indépendants de ma volonté ? Il y a également matière à réflexion pour celui qui s’estime libre de penser et d’agir. Suis-je certain qu’aucun filtre ne déforme mon regard sur le monde ? Suis-je réellement exempt de peurs, de jugements ou encore d’idées arrêtées orientant ma soi-disant « libre » pensée et mes « libres » décisions ? D’aucuns mettront la balle au centre, estimant que notre libre arbitre est réel mais entravé par des forces endogènes et exogènes, complexes et de tous ordres. C’est peu ou prou la position de la science académique contemporaine, science qui, non seulement véhicule des concepts confus et contradictoires, mais surtout ne s’avère d’aucune aide concrète pour qui souhaite accéder au libre arbitre. Si la science académique contemporaine est riche de savoirs, pour l’amoureux de la sagesse, elle est vide de connaissance.


Car la science, tournant le dos au fleuve de l’intériorité, ne s’intéresse plus qu’à l’extériorité de la vie, à sa surface. Elle n’envisage désormais qu’une perspective : observer et chercher à comprendre le visible, dans toutes ses dimensions, de la plus petite à la plus grande. Considérant que le monde réel s’arrête où la terre finit, la science a choisi d’ignorer l’insondable fleuve qui s’écoule à ses pieds pour porter son regard dans une seule et unique direction : celles des terres émergées qui s’étendent devant elle à perte de vue en d’infinis reliefs… Peu importe que le fleuve pourvoie chaque jour aux besoins des êtres humains, qu’il les nourrisse, les désaltère, les purifie, peu importe que ce fleuve ait nourri les travaux d’illustres chercheurs : le fleuve n’intéresse pas la science académique. Il est vrai que, pour explorer ce fleuve, l’observateur doit accepter de quitter la terre ferme de la rationalité et ainsi se détacher d’une posture « objective », il doit également laisser derrière lui le cadre collectif normatif qui rassure. Pour explorer le fleuve, l’observateur doit lui-même devenir sujet de l’expérience, il doit devenir expérimentateur. Pour cela, il a à « se mouiller » en pénétrant, seul, dans les eaux profondes de son intériorité, à l’instar de ce que pratiquait l’impétrant pythagoricien dans le cadre de son initiation.


Au lieu d’explorer la nature humaine pour trouver les principes fondamentaux de la vie, la science s’échine à tenter de comprendre les caractéristiques du vivant : sa mécanique, sa physique, sa chimie… développant à cette fin une infinité de concepts intellectuels et d’outils de mesure perfectionnés sans cesse renouvelés. Nul besoin pourtant d’être scientifique pour comprendre que l’homme qui écoute une symphonie n’a aucune chance de trouver l’orchestre qui la joue en démontant méticuleusement le poste de radio qui la retransmet. Ce n’est pas non plus en étudiant minutieusement chaque composant du poste radio que l’homme pourra percer le secret de la virtuosité des interprètes… et encore moins appréhender le génie du compositeur !

Pour l’amoureux de la sagesse, il est surprenant de constater que les scientifiques s’entêtent à proposer des lois pour expliquer des phénomènes spécifiques ou locaux sans jamais confronter leurs conclusions à une théorie d’ensemble qui serait cohérente. Comment revendiquer qu’on détienne une pièce du puzzle alors qu’on refuse d’évoquer l’image globale que cette pièce est censée contribuer à former ? Et qui nous dit en plus qu’on ne tient pas dans les mains un morceau de l’emballage plutôt que du puzzle ? Ainsi en va-t-il du « libre arbitre » comme de nombreuses théories scientifiques, objets de développements intellectuels sans queue ni tête et - in fine - stériles. Ayant à cœur de proposer une définition simple et pratique du « libre arbitre », l’amoureux de la sagesse l’inscrira dans une vision globale et cohérente de la nature et du sens de l’existence humaine.


A ses origines, la science des anciens observait la nature pour tenter de comprendre et définir les lois universelles de la vie. La sagesse immémoriale ne choisissait pas ce qu’il convenait d’étudier ou de ne pas étudier. Elle observait l’objet de la création qui l’entourait, aussi bien que le sujet de la création qu’elle était, en recherchant des lois susceptibles d’en dévoiler le sens et la cohérence. Contrairement à ce qu’on imagine, les phénomènes de la nature n’étaient pas au cœur des recherches de la philosophie pythagoricienne. Pythagore considérait en effet que l’accès à la connaissance universelle passait par la quête intérieure, par la réalisation d’une œuvre sur soi. Ainsi, pour le premier des philosophes, développer une vivacité d’esprit et des savoirs mathématiques, physiques, astrologiques, géométriques etc. n’était pas seulement insuffisant : cela était contre-productif ! Seule l’initiation individuelle intérieure permettait à l’impétrant d’accéder à la connaissance des lois de la Nature (« Physis » en grec) et à son ordre mathématique et géométrique. A cette époque, les mondes intérieurs étaient déjà bien connus, précisément répertoriés et cartographiés. Ainsi, l’initié qui avait lui-même la connaissance des fonctions de ces mondes intérieurs, était en mesure de guider l’impétrant dans sa découverte. A deux, ils réalisaient une co-naissance. La connaissance des lois de la nature, acquise par un processus initiatique ésotérique (littéralement « provenant des mondes intérieurs »), a fait la renommée des écoles de sagesse pythagoriciennes, et a établi la supériorité de la méthode philosophique véritable. Les connaissances acquises lors des initiations n’étaient volontairement pas écrites. Ainsi, elles ne pouvaient être détournées et utilisées par des individus n’ayant pas atteint un niveau de conscience approprié. Certaines de ces connaissances ont pourtant été récupérées et retranscrites pour, au fil du temps, se propager et être développées dans une approche devenue exclusivement exotérique, c’est-à-dire hors du cadre de la quête intérieure et de l’initiation, pourtant défini par Pythagore comme incontournable. C’est sur ce terreau que la science moderne a grandi, prenant racine dans des connaissances issues de l’initiation, pour devenir un arbre de savoirs intellectuels établis par des individus mus par une quête extérieure plutôt qu’intérieure. Ainsi détenu par des personnes non-initiées, le savoir est devenu instrument de pouvoir et d’enrichissement. Ainsi, l’homme et la nature ont été réduits à l’état de leur extériorité, c’est-à-dire un corps et un monde physiques, la science considérant que toute chose non mesurable par un dispositif extérieur à l’humain n’existe pas. Quand bien même l’observation montre la réalité de nombreux phénomènes inexpliqués, la science refuse de les étudier. Quand, parfois, la réalité du phénomène est difficile à nier, comme dans l’effet placebo par exemple, alors on considère la chose comme acquise sans chercher à la comprendre, son explication ne pouvant résider que dans des mécanismes sans intérêt scientifique puisque touchant à l’irrationnel…

N’est-ce pas pratique comme manière de voir les choses ? Tout ce que je pense exister existe. Tout ce dont je ne veux pas croire qu’il existe, n’existe pas. Voilà le postulat de notre science académique contemporaine, cette science qui s’arroge la légitimité d’expliquer l’origine et le fonctionnement de la vie. Au travers de ses relais économiques, politiques et médiatiques, cette science impose au plus grand nombre une représentation du monde désormais devenue indiscutable, reléguant au rang de croyance toute approche établissant un postulat différent du sien.

Par conséquent, étudier, même avec la plus grande rigueur scientifique, les perceptions sensorielles ou extra sensorielles de l’instrument « être humain » est, au mieux, classé par la science comme approche non conventionnelle ou « science molle », au pire considéré comme « l’apanage de charlatans s’échinant à démontrer des chimères et susceptibles de ne convaincre que des idiots ». Quoi qu’en pense la majorité scientiste, rien n’est plus faux. Par la profondeur de son ambition, la quête rigoureuse et précise de la nature de l’existence menée par les sciences dites « molles », surpasse de beaucoup le projet superficiel des sciences rationalistes (dites « dures »). De nombreux et valeureux pionniers, intérieurement connectés, ont montré la voie en réalisant des travaux scientifiques aussi remarquables par leur rigueur qu’enseignants par leurs résultats. Du fait de la pensée dominante ou des intérêts que leurs travaux menaçaient, la plupart des découvertes majeures de ces grands pionniers est restée totalement inconnue du grand public.

Un exemple concerne la réelle nature de la conscience humaine. Dans la pensée scientifique dominante, la vie humaine - par conséquent l’esprit, la conscience ou le libre-arbitre - s’explique par des phénomènes mécaniques, électriques, chimiques etc. Pourtant, des recherches médicales menées par des sommités dans leur domaine et publiées dans les plus grandes revues scientifiques ont établi de façon factuelle que des personnes réanimées - dont le corps et le cerveau étaient cliniquement morts - ont continué à vivre et à percevoir très précisément leur environnement. L’être humain n’est pas qu’un corps physique. La vie humaine n’est pas qu’un simple phénomène physique. La réalité de notre monde n’est pas seulement celle perçue ou mesurée par l’homme dont la conscience est fermée par la raison. Elle est bien plus vaste. On imagine qu’une telle information diffusée largement - au moins aussi largement que les résultats sportifs du week-end - aurait un impact colossal sur la représentation que chacun se fait de la vie en général et de sa vie en particulier. On imagine l’intérêt soudain d’une part de l’humanité pour la nature et le sens de l’existence… On imagine également le désintérêt aussi immédiat de cette même humanité pour la science et le progrès tels qu’ils sont vendus à longueur de journée… On imagine enfin la difficulté pour les dirigeants de la planète à contrôler des individus devenus exempts de la plus grande des peurs, celle de la mort…

En se détournant de la porte intérieure qui mène à sa conscience supérieure, la science intellectuelle a fait de l’être humain un facteur limitant, un biais expérientiel dont il convient de s’affranchir. Pourtant, Rabelais ne disait-il pas que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ? Progressivement, la science est ainsi devenue un arbre de savoirs stériles, un sapin de Noël dont les décorations complexes et brillantes éblouissent l’œil, aveuglent le regard, saturent l’esprit. Aussi spectaculaire soit-il, cet arbre est aussi mort que le roi est nu. Il a été déraciné de son terreau originel pour être installé dans nos salons, tel un trophée célébrant le triomphe de l’homme sur la nature. Aussi lucratives et sophistiquées soient-elles, les décorations du sapin n’en restent pas moins incapables de nourrir ou de faire germer la vie. Si la science est aujourd’hui en mesure de comprendre et manipuler le vivant, sa nature exotérique la place de facto dans l’impossibilité de connaître les lois de la vie pour la faire prospérer.

Ainsi, l’étude de la nature et du sens de l’existence a été reléguée au niveau de pseudo science, abandonnée soit au domaine de la croyance mentale, soit au domaine des mondes ésotériques des gnoses diverses. Les religions et autres nouvelles « spiritualités », à l’instar des politiques citoyennes républicaines, qu’elles soient économiques ou scientifiques, ont comme principale finalité de développer leur structure, et par la même leur emprise sur leurs congénères. Les représentants des mouvements religieux et des « spiritualités » alternatives sont intrinsèquement plus enclins à distiller dans leur communauté de croyants des vérités relatives ou des dogmes plutôt que d’accompagner individuellement ces mêmes croyants dans la découverte des lois fondamentales de la Gnose qui président à la vie. Ainsi, si science sans conscience n’est que ruine de l’âme, alors conscience sans science n’est qu’illusion de spiritualité.


A son origine, l’enseignement pythagoricien était une science de la vie, un moyen d’accès pour chacun au bien-être véritable et aux arts de vivre sacrés, l’acquisition du libre arbitre étant une étape essentielle située juste après l’accès à la connaissance des vérités absolues.

Un des premiers principes de la philosophie pythagoricienne est que la vie est une école, une école choisie par la conscience créatrice pour découvrir, expérimenter et intégrer des lois universelles. Pour les pythagoriciens, la vie est une expérience dans la matière faite par un Créateur, une conscience supérieure, ou si l’on préfère une âme qui serait le prolongement d’une conscience créatrice individuelle. Cette expérience se déroule dans la boîte de jeu qu’est la Terre. Elle est régie par les lois universelles de la nature, lois qui s’imposent à tous sans exception. La confrontation à des lois relatives, des lois établies par les hommes pour les hommes, comme le droit, la morale etc., fait partie intégrante de l’expérience. Cette confrontation à des lois relatives constitue de nos jours la dimension la plus violente de la vie quotidienne de l’être humain.

Selon la philosophie pythagoricienne toujours, chaque Créateur s’incarne en une créature avec des objectifs précis d’apprentissage. Ces objectifs sont différents pour chacun, les incarnations précédentes ayant permis de valider des acquis comme de constater que des lois restent à découvrir et à être intégrées. Les Créateurs ayant le moins d’expérience débutent le plus souvent leur scolarité comme en classe de maternelle. Ignorant les lois universelles, leur créature commencent par expérimenter les « joies » de l’emprise sur la matière, du contrôle de leurs semblables, de la destruction, du pouvoir, de la luxure... Les élèves les plus anciens et les plus consciencieux ont plus d’expérience, plus de connaissance, comme en classe de terminale. Ayant intégré les leçons de vies passées, ils évoluent dans des classes supérieures avec des objectifs de vie adaptés à leur niveau d’avancement. Pour autant, l’étudiant de terminale n’est pas supérieur à l’élève de maternelle. Il est juste plus avancé sur le chemin.

Ainsi, pour la philosophie pythagoricienne, l’existence humaine consiste en l’incarnation en une créature d’un être Créateur qui souhaite être enseigné par l’expérience terrestre. Vivre cette expérience va de pair avec le fait de commettre des erreurs et d’être confronté à l’existence de vérités relatives. Cette confrontation par l’erreur, par la faute, c’est-à-dire par l’action ou la pensée s’appuyant sur une vérité fausse, n’est rien d’autre qu’une opportunité d’accéder à des vérités universelles. Ainsi, prendre conscience de la caducité des vérités relatives est indispensable pour accéder à la connaissance de vérités universelles. De la confrontation de l’individu à la réalité de sa vie peuvent résulter aussi bien le mal-être et la maladie, que le bien-être et la santé. Tout tient au choix de la créature confrontée. Elle peut décider de continuer à être, penser, dire et agir comme elle l’a fait jusqu’à présent, en blâmant le monde, les autres ou elle-même. Elle a aussi l’opportunité d’accepter sa réalité et de tourner son regard en elle pour chercher les causes de son mal-être. Accompagnée par un initiateur qui sait discerner la différence entre la Gnose et les gnoses, un initiateur qui connait la façon pour aider à cheminer vers son Créateur propre, la créature va se découvrir libre. A l’instar du maître-nageur guidant le débutant dans la découverte de la nage, l’initiateur accompagne l’individu dans son apprentissage pour qu’il accède à l’autonomie. Dans le premier cas de figure, c’est-à-dire celui où l’individu continue de refuser de regarder en lui les peurs, les jugements et les modèles du monde qui l’accablent, l’unique paramètre qui n’est pas connu est le temps nécessaire à la créature vivant dans le mal-être, la douleur ou la maladie pour changer d’attitude face à la vie. Ce temps peut aller au-delà de la mort. L’âme du Créateur concerné aura alors à redoubler la classe, à repasser certains examens pour de nouveau faire l’expérience de ce que sa créature a refusé d’intégrer ou n’a pas su comprendre par le passé. On retrouve ici le sens profond de la grande croix pythagoricienne, faite de bienveillance (horizontalité) et d’exigence (verticalité). Si, par nature, le Créateur est d’une infinie bienveillance à l’égard de sa créature, l’aidant constamment en lui fournissant toutes les ressources nécessaires pour franchir les obstacles sur son chemin, il appartient à la créature et à la créature seule de vouloir être libre en s’engageant dans sa libération. C’est donc à la créature de faire preuve d’exigence vis-à-vis d’elle-même pour connaître et appliquer les lois véritables de construction de ce monde.

Et le libre arbitre dans tout cela ? Selon la philosophie pythagoricienne, le libre arbitre n’existe qu’à partir du moment où l’être humain a rétabli la connexion avec sa conscience supérieure, son Créateur. Pour accéder au libre arbitre, il convient donc de se hisser, chaque jour et à tout moment, dans l’état de conscience élevé de son Créateur. Ceci est faisable par tout être humain, et à tout âge de la vie, à condition d’être guidé dans ses premiers pas par un initiateur compétent dans l’exploration des mondes intérieurs pour gravir - sans se perdre - l’échelle des plans de conscience. Dans cette ascension des plans de conscience, l’individu, éveillé mais dans un état modifié de conscience, s’arrête invariablement à certains échelons pour traiter les peurs, les jugements et les dogmes qui ont été plaqués sur lui par les autres depuis son enfance et qui, progressivement ou brutalement, l’ont déconnecté de sa conscience supérieure. Ces peurs, jugements et dogmes ne sont rien d’autres que le miroir de ceux hérités de vies passées et qui demandent à être remis dans l’axe dans cette incarnation. Ainsi, lors d’une initiation ésotérique pythagoricienne, douce et enseignante par nature, chacun reprend contact avec l’enfant joyeux qu’il a en lui-même et dont il a été coupé. Cet enfant intérieur rieur et spontané ainsi délivré devient un véritable observateur-guide pour la personne, afin de l’aider à entrer en contact avec sa conscience supérieure pour acquérir son autonomie.

Pour Pythagore, la seule et unique responsabilité de l’être humain en cette vie est de rétablir (par l’initiation philosophique véritable) et d’entretenir (par la respiration sacrée) la connexion à cette conscience supérieure, la part créatrice à laquelle il est relié, pour s’en remettre au final à elle et à nulle autre.

Cependant, l’expérience philosophique montre que, pour pourvoir accéder à son Créateur et atteindre le libre arbitre, la créature doit d’abord se libérer des vérités relatives qui l’enferment sur les plans du mental, de l’émotionnel et de l’instinct.

Car le mental de tout être humain contient nombre de vérités relatives : pensées limitées, systèmes de croyance et de savoirs... Ce n’est que par l’initiation que l’individu a la possibilité de se rendre compte des limitations vécues jusque-là, des vérités relatives sur lesquelles il s’appuie et qui lui faisaient faire fausse route. Via l’initiation, les vérités relatives quittent le mental pour rejoindre la conscience supérieure de l’auteur qui, dès cet instant, connaît au lieu de savoir ! Car un individu n’est pas fait pour être empli de pensées ou de savoirs mais pour en être vide. Il s’agit là d’une condition sine qua non pour se relier à sa source de connaissance intemporelle. En d’autres termes, le mental n’est pas libre. Il est l’expérience de la faute pleine et acceptée, soit la connaissance de la fausse route faite jusque-là. Le mental est donc l’expérience d’une vérité qui se cherche jusqu’à se trouver dans sa libération vers l’auteur Créateur responsable (cf. Perle Philo. #2 : être responsable)

De la même manière, l’expérience philosophique met en évidence que l’émotionnel contient les traumatismes neuroendocrinologiques associés à une vérité relative n’ayant pas trouvé son issue salvatrice. En conséquence, l’émotionnel n’est pas libre, mais attaché à un concept erroné. Il est donc également l’expérience de la faute, assumée dans son extrême pour être vue, quand mentalement elle ne pouvait encore l’être, notamment dans l’enfance. C’est donc là encore l’expérience d’une vérité qui se cherche jusqu’à se trouver dans la libération vers l’auteur Créateur responsable.

Enfin, l’expérience philosophique a prouvé qu’un individu ne peut pas être libre s’il est asservi par ses instincts, instincts qui sont au nombre de trois. D’abord, l’instinct de conservation, relié à la peur de mourir, de soi par rapport à soi. Ensuite, l’instinct social relié à la peur de l’inconnu, de soi par rapport aux autres. Enfin, l’instinct sexuel, relié à la peur de l’abandon, de soi par rapport à un autre miroir de soi. Seul celui qui a dépassé ces trois instincts de base peut prétendre être libre.

Qui, de nos jours, n’a pas peur de mourir ? Qui, de nos jours, n’a pas peur de l’inconnu ? Qui, de nos jours, n’a pas peur d’être abandonné ? Certainement pas un individu piégé dans son mental, ses émotions et ses peurs. Alors qui peut être réellement libre, sinon, comme le démontre invariablement l’expérience philosophique pythagoricienne, celui qui s’en est pleinement remis à son auteur Créateur ? En effet, dans ce cas, les trois peurs s’évanouissent complètement, l’individualité étant reliée à sa source créatrice située de l’autre côté des rivages de la mort. Elle est intimement connectée à l’âme des autres qui n’est plus une inconnue. Elle a également réuni en son âme la polarité sexuée de sa créature à la polarité opposée qui ne l’abandonne plus.

Le seul qui peut être doué du libre arbitre est le Créateur. La créature, elle, n’est libre que d’obéir ou de ne pas obéir à l’arbitre ultime qu’est son Créateur. Par le libre arbitre d’obéir ou de ne pas obéir à son Créateur, la créature a le pouvoir d’explorer, d’expérimenter et de découvrir les lois de la Terre. Elle est ainsi libre d’accepter de s’en remettre aux lois universelles de la boîte de jeu qu’est la Terre, comme de continuer à refuser de le faire. Telle est la conception pythagoricienne de la liberté et du libre arbitre.


Contrairement à ce qu’affirme la science, le libre arbitre est accessible, à la condition expresse d’être prêt à tourner son regard en soi en étant accompagné, dans ses premiers pas au moins, par un passeur d’âme philosophe. Le passeur d’âme est un être humain expérimenté qui, chaque jour, réalise lui-même la traversée du fleuve de l’intériorité et aide d’autres que lui à le faire. Ce passeur d’âme connaît donc bien le fleuve à traverser, les pièges à éviter mais également les passages les plus sûrs. Quelles sont les qualités et les velléités d’un tel passeur d’âme philosophe ? Sa qualité principale est d’être manifestation d’Amour. Par ailleurs, ce passeur d’âme n’aspire qu’à réussir trois choses en cette vie : aimer, connaître et créer. Ainsi, il est un grand frère qui accompagne dans un lien d^’ame à âme un Ami dans sa croissance vers l’éveil dans le seul et unique objectif de le rendre autonome.

Nos Créateurs nous ont laissé le libre arbitre de choisir entre le bien-être, le bonheur, la beauté et la vérité pour aimer, connaître et créer, ou bien le mal-être, le malheur, la souffrance et le mensonge pour haïr, savoir et détruire, c’est-à-dire pour exercer l’expérience du pouvoir, qu’il soit celui de la force, de l’argent ou du savoir.

Alors quelle liberté de pensée, de parole et d’action si elle ne vient pas de son propre auteur Créateur, source de toute autorité (cf. Perle Philo. #1 : obéir à l’autorité) ? Je suis finalement libre de faire toutes les fautes, puisqu’elles vont de façon imparable le ramener à court ou long terme en direction de la justesse des lois de ce monde. Quel individu, quelle société valorise autant l’enseignement des fautes sans les sanctionner ? Comme nous l’avons vu, les lois de la vie et de notre construction de conscience prévoient un système approprié de sanctions : l’enfermement mental dans un système de croyance limité, le piégeage émotionnel dans un corps qui finit par se saturer, tomber malade et se dégrader, le piégeage instinctif qui asservit en plaçant l’individu dans un mode de survie à court terme ou à un mode adaptatif à moyen terme. Pourquoi donc ajouter à ces lois universelles de la nature autant de contraintes morales et de lois externes, toutes plus inapplicables les unes que les autres ?

Chaque jour plus violemment, le contexte externe pousse l’individu à se positionner. Certains décident de tourner leur regard vers eux-mêmes pour entreprendre de se reconnecter au sens de la vie et de leur vie afin de prendre leur libre arbitre en main. D’autres préfèrent continuer d’accepter l’illusion d’avoir un libre arbitre, alors que dans les faits, leur réalité intérieure et extérieure est dépendante des desiderata de maîtres extérieurs, maîtres extérieurs n’ayant de cesse que de précipiter - chaque jour plus rapidement - leurs congénères vers l’abîme.

L’amoureux de la sagesse l’affirme : qu’on le veuille ou non, l’heure d’aller vers l’intériorité spirituelle a sonné.

Alors quel sera votre libre choix ? Un choix éclairé par votre Créateur pour aller vers l’ordre intrinsèque des lois de ce monde (Physis, les lois de la nature en grec) ou un choix de votre seule individualité pour aller droit vers le chaos qui s’annonce ? Irez-vous consciemment vers la sagesse de connaissance des vérités absolues ou bien vous laisserez-vous gagner par la folie de ce monde, imaginant de façon illusoire que vous pouvez être libre ?

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"Si Science sans conscience n'est que ruine de l'âme, conscience sans science n'est qu'illusion de spiritualité"

Patrick Le Berre